17. avril 2026
Et si nous parlions de bienveillance au travail ?
La bienveillance est un concept souvent instrumentalisé dans le monde du travail qui peut paradoxalement cacher certaines formes de violence. Il ne s’agit bien évidemment pas de s’opposer à la bienveillance en soi en tant qu’acte mais plutôt de comprendre ce qui peut parfois se cacher derrière lorsqu'elle est proclamée comme un principe d'organisation.
Avant de vouloir guider chacune de nos actions par un impératif de bienveillance à l’égard de son collègue ou de son collaborateur, ne faudrait-il pas davantage se soucier d’autres principes tels que la justice, l’équité, le respect ou simplement la reconnaissance du travail accompli ?
Les conditions de travail, la dotation de moyens ou d’outils qui permettent l’accomplissement d’une mission ne sont-elles pas des questions prioritaires auxquelles la bienveillance ne peut pas répondre ?
La bienveillance n’est pas une valeur en soi ; ni une réponse aux conditions de travail ainsi qu’à toutes formes de maltraitance au travail.
N’y a-t-il pas quelque chose d’infantilisant à faire de la bienveillance une fin en soi dans l’univers du travail et au cœur de nos pratiques managériales ? Il en va même selon moi d’une forme d’irrespect à l’égard d’autrui.
Certaines pratiques sont désormais devenues habituelles, véritables « commandements » au nom du sacrosaint principe de bienveillance qui pourraient s’avérer au fil du temps nocives pour les organisations au travail.
Ainsi, ne pas dire ce que l’on pense à ses collaborateurs peut finalement devenir une forme de complaisance. A l'opposé du non-dit, la critique, quand elle est bien évidemment fondée, argumentée et guidée par un souci d’objectivité, permet de faire avancer tout autant l’institution que les individus qui la composent.
La bienveillance au travail ne peut pas devenir une vertu cardinale au travail.
Il va de soi que toute vérité n’est pas bonne à dire et que la franchise peut heurter des sensibilités. Mais l’inverse n’est pas mieux ; j’entends par là les non-dits, les mensonges ou les formes de complaisances qui constituent aussi des formes de violences.
En ce sens, le mangement est un art pour le moins complexe, véritable jeu d’équilibriste au quotidien entre empathie, écoute, franchise accompagnée de pédagogie et un souci constant de la discussion.
Finalement, c’est la relation à l’altérité même qui s’exerce ici. Voulons nous pour l’autre ce que nous ne voudrions pas pour soi-même ?
Pour toutes demandes d’intervention autour du sens et des valeurs au travail et d’une manière plus générale au sujet des problématiques de management contactez moi : hg95510@gmail.com
Hervé Gérard - 17 avril 2026
